Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

TOURNAGE // SHOOTING // PART 01

Publié par ALEXANDRE LIEBERT sur 29 Septembre 2012

TOURNAGE // SHOOTING // PART 01

[ENGLISH BELOW]

Déjà trois jours que notre tournage a commencé. Le premier bilan que nous pourrions dresser est on ne peut plus positif ! Certes nous jouons avec la mousson, tournant et photographiant entre deux seaux d’eau, mais elle ne vient en rien ternir notre motivation.

Nos journées commencent tôt, nous obligeant à être présents chaque matin à la criée, le grand marché de poissons, crevettes et crustacés de Kampot, qui s’anime dès 4h30 du matin, une heure avant l’aube, et pendant lequel Tut officie comme nettoyeur de crevettes.

TOURNAGE // SHOOTING // PART 01TOURNAGE // SHOOTING // PART 01
TOURNAGE // SHOOTING // PART 01TOURNAGE // SHOOTING // PART 01

Retour ensuite chez Tut et sa femme Gnia. À partir de ce moment, nous vivons au rythme de Tût. Il est le seul scénariste de notre documentaire, et à lui de nous mimer ce qu’il souhaite nous confier, quand il veut et où il veut. Parti pris que nous nous étions imposés au mois de janvier dernier, pendant nos premiers jours de tournage – pour éviter de le surmener, de l’accabler, de trop le plonger dans son passé et ses traumas, ayant peur de l’éprouver plus que de raison. Ce parti pris nous le gardons aujourd’hui, mais les choses se passent différemment.

En effet, nous connaissons maintenant son histoire, son passé, et lui-même sait que nous savons. Il est tout à fait conscient du pourquoi nous sommes là, chez lui, armés de nos caméras. Et de plus une réelle intimité s’est construite entre nous. Tant d’éléments qui font que son discours est plus libre, plus long, plus assumé. Là où en janvier il ne faisait que quelques mimes entrecoupés de sourires timides comme s’il se sentait lui-même coupable de nous raconter tout ça, aujourd’hui il n’hésite pas à tout nous mimer en détails, nous le répéter, attendre même que nos caméras soient allumées pour commencer ses descriptions ou ses écrits à l’eau sur ses lattes de bambou. Il va jusqu’à se remettre en situation, jouant son propre cobaye, sa propre victime, utilisant si besoin est des objets de la vie quotidienne – ficelles, couteaux etc – comme outils de torture.

Notre surprise fut à double tranchant. Nous ne nous attendions pas à cette évolution dans son discours, qui d’un côté colle parfaitement aux intentions de notre projet, mais qui de l’autre le peine et le fatigue plus que de raison, et nous attriste de surcroît.

Voilà pourquoi ces « séances » de mime sont peu nombreuses. Une voire deux par jour, quand il le souhaite, la plupart du temps le matin en revenant du marché, après avoir bu ensemble un café au bar du coin. Le reste de la journée nous le passons à rire, apprendre le Khmer et lui apprendre le Français. Nous mangeons ensemble, faisons la sieste aux mêmes heures, jouons à la pétanque etc.

Nous vivons avec lui des moments incroyables. Certes nos vocabulaires respectifs se sont quelques peu enrichis, mais nous continuons la plupart du temps à ne communiquer que par gestes et par regards. Toute la force de notre relation est là, et toute la force de notre projet en découle. Cette rencontre est l’une des plus belles que nous ayons jamais vécues, et nous n’attendons qu’une chose, vous la faire un jour partager par le biais de nos images !

En attendant, un petit bonus. Une mini vidéo qui ne fera pas partie de notre documentaire ni webdocumentaire, mais qui vous donne un demi aperçu de ce à quoi ressemble ce fameux marché aux poissons de Kampot.

Already three days that our shooting began. The first report which we could draw up cannot be any positive! Certainly we play with the monsoon, shooting and photographing between two buckets of water, but it’s not tarnishing at all our motivation.

Our days begin early, forcing us to be present every morning to the big market of fishes, shrimps and shellfish of Kampot, who livens up from 4:30 am, one hour before dawn, and during which Tut officiate as shrimps cleaner.

Then, return to Tut and his wife Gnia house. From this moment, we live through the rhythm of Tut. He is the only scriptwriter of our documentary, and he mimes us what he wishes to confide us, when he wants and where he wants. Intention that we imposed to us last January, during our first days of shooting - to avoid overworking him, to swamp him, of excess to plunge him into its past and its traumas, being afraid of pushing him more than usual. We keep this intention today, but things take place differently.

Indeed, we know now its history, its past, and himself knows that we know. He( is completely aware of why we are here, for him, armed with our cameras. And more: a real intimacy built itself between us. So many elements which make that his speech is more free, longer, more assumed. Where in January he made only some mimes interrupted with shy smiles as if he felt guilty of telling us all this, today he does not hesitate to mime us to everything in detail, to repeat it to us, to wait our cameras to be switched on to begin his descriptions or his writings with water on its slats of bamboo. Even he places himself into the situation again, playing his own victim, using if need be objects of the everyday life - threads, knives etc. - as tools of torture.

Our surprise was double-edged. We did not expect this evolution in his speech, which on one side sticks perfectly on the intentions of our project, but which of the other one saddens him and fatigue more than usual, and saddens us besides.

That's why these "sessions" of mime are little numerous. One even two a day, when he wishes it, most of the time in the morning by coming back from the market, after drinking a coffee together in the corner bar. We spend the rest of the day with him to laugh, to learn the khmer language and to teach him some words in french. We eat together, have a nap at the same hours, play the petanque etc.

We live with him incredible moments. Certainly our respective vocabularies are some little enriched, but we continue most of the time to communicate only by gestures and glances. All the strength of our relation is there, and all the strength of our project ensues from it. This meeting is one of the most beautiful that we never lived, and we wait only for one thing, share it to you one day with our images!

In the meantime, a small bonus. A mini video which will not be a part of our documentary nor webdocumentary, but which gives you half an outline of what looks like this famous fish market of Kampot. (see upthere)

Commenter cet article