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DOSSIER DE PRESSE

Publié par Scars of Cambodia sur 10 Novembre 2012

Scars of Cambodia est à la fois un film, une série photographique et un webdocumentaire. Le binôme français Emilie Arfeuil, photographe, et Alexandre Liebert, réalisateur, témoignent de l’Histoire du régime Khmer Rouge à travers le portrait d’un Cambodgien qui en porte les cicatrices corporelles et morales.

Scars of Cambodia est à la fois un film, une série photographique et un webdocumentaire. Le binôme français Emilie Arfeuil, photographe, et Alexandre Liebert, réalisateur, témoignent de l’Histoire du régime Khmer Rouge à travers le portrait d’un Cambodgien qui en porte les cicatrices corporelles et morales.

CONTACT: 018 505 144 / 018 505 355 / scarscambodia@gmail.com
SYNOPSIS

Tut est un pêcheur de 52 ans vivant à Kampot. Malgré la barrière de la langue, il a raconté, pour la première fois et sans mots, son passé sous les Khmers Rouges, à une photographe et un réalisateur, mimant les tortures subites en prison l'année de ses 15 ans. Ce projet partage cette rencontre et témoigne de la mémoire enfouie, de la manière dont elle transparait dans les gestes, les attitudes et les regards, la manière dont elle marque quelqu'un à vie et constitue une personne. Les traumas physiques et psychologiques de Tut permettent de mettre en lumière les cicatrices historiques du Cambodge.

CARRIÈRE

2014 FILM a remporté le Prix de la Meilleure Photographie et Prix de la Meilleure Musique Originale au
Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand.
2013 FILM sélectionné au Festival des Nouveaux Cinémas Documentaires à Paris.
SÉRIE PHOTO lauréate du concours Rendez-vous à Arles avec votre livre : monographie éditée dans “La collection” créée par Chez Higgins, Photographie.com et Blurb.
SÉRIE PHOTO finaliste de la Bourse du Talent #53 Reportage.
2012 SÉRIE PHOTO exposée au Centre Bophana, à Phnom Penh - Cambodge.

CONTEXTE HISTORIQUE

Quand les Khmers Rouges prennent le pouvoir au Cambodge le 17 Avril 1975, ils sont déterminés à créer une nouvelle société en commençant par détruire tous les aspects de l'ancienne. Ce régime communiste commence à exécuter systématiquement toute personne ayant eu des relations avec l'ancien gouvernement. Résolument agraires, les Khmers Rouges opposent population agricole et citadins, accusés d'avoir été contaminés par l'impérialisme bourgeois. Phnom Penh est immédiatement vidée et sa population envoyée à la campagne dans les coopératives pour travailler et être surveillée. Ils prônent l'élimination des intellectuels et la rééducation des populations adultes par le travail manuel.

Menée par Pol Pot, cette dictature terrorise la population pendant 3 ans 8 mois et 20 jours: les habitants sont affamés, emprisonnés, torturés, ou envoyés dans des camps de travaux forcés. Ce génocide a tué 1,7 millions de Cambodgiens, soit presque 21% de la population.

Alors qu’aujourd’hui le procès des dirigeants Khmers Rouges est en cours plus de 30 ans après les faits, que se passe-t-il dans la tête des survivants?

DOSSIER DE PRESSE
CICATRICES

Le Cambodge porte toujours en lui les traces de ce génocide et doit apprendre à vivre avec, sans tabou, se reconstruire. Ce crime contre l’humanité a laissé des cicatrices morales et physiques à peine masquées et avec lesquelles la population cambodgienne cohabite tous les jours. Une omniprésence de l’Histoire est gravée jusqu’à devenir l’histoire personnelle de chacun.

Peu de Cambodgiens ayant vécu cette période ont le désir ou le courage d‘en parler. Cette absence de parole conduit à côtoyer les victimes chez qui le chemin s’avère long et douloureux vers l’énonciation des traumatismes vécus, des pertes, des deuils. Ce fardeau est exacerbé par la pauvreté qui reste très répandue dans le royaume.

DOSSIER DE PRESSE
RENCONTRE

Il est de ces rencontres dues au hasard qui marquent une vie. Au bas de son immeuble, au café d’en face ou à l’autre bout du monde. C’est par hasard qu’Emilie et Alexandre ont fait la connaissance de Tut, un pêcheur de 52 ans, dans une petite rue de maisons sur pilotis, en périphérie de la ville de Kampot. La ressemblance d’Emilie avec l’une des sœurs perdues de Tut déclencha la rencontre, la curiosité réciproque, puis le retour de la mémoire et le besoin soudain de raconter. C’est plus de 30 ans plus tard que Tut choisit de se livrer pour la première fois.


Après deux voyages, entre 2012 et 2013, et plus de 5 mois passés au Cambodge, une intimité profonde et une véritable confiance se sont construites entre Tut et le couple d‘artistes. C’est grâce à cette confiance que pour la première fois, à travers les souvenirs de son passé, il a dévoilé l’horreur du régime de Polpot.

extrait du film

extrait du film

UN TÉMOIGNAGE SILENCIEUX

Dès la première rencontre en Août 2010, Tut a de lui-même décidé d‘aborder ce douloureux sujet et de se confier à eux, comme si cela était naturel de leur en parler, comme si le moment était enfin venu. Lorsqu’ils reviennent un an et demi plus tard avec leurs caméras, ils décident de ne pas l’interroger : ils lui donnent simplement la parole.

La barrière de la langue enclenche une communication sans mots qu’ils choisiront de garder intacte : ils ne feront pas appel à un traducteur, il ne feront pas d‘interviews. Lorsque les mots ou la langue créent une distance, le langage du corps, lui, crée une proximité directe, sensorielle, émotive, parfois très crue et violente, face aux assauts de la mémoire.

La transmission de la mémoire restera donc silencieuse, à travers des gestes et des écrits, dans le cadre d’une rencontre intime et non formelle.

DOSSIER DE PRESSE
UN PORTRAIT SUBJECTIF

Dans Scars of Cambodia, l’Histoire sous forme de documents d’archives ou d’explications historiques reste de l’ordre de l’invisible. Le visible sera la version de l’Histoire que Tut a choisi de partager et de raconter, sa propre histoire, avec toute la subjectivité que cela comporte et qui est au cœur du sujet.


Tut est un témoin parmi tant d’autres qui, de par sa mémoire individuelle, est l’une des pierres apportée à l’édifice de l’Histoire de son pays. La question principale de ce projet n’est pas de documenter à nouveau l’Histoire du Cambodge mais de montrer comment un individu vit aujourd’hui avec la cicatrice de ce lourd passé. Au-delà d’une réflexion autour de la mémoire, c’est une rencontre intime qui vous est proposée, pour retrouver l’humain derrière l’inhumanité.

DOSSIER DE PRESSE
UNE DÉMARCHE DOCUMENTAIRE ET ARTISTIQUE

Ce projet se décline en plusieurs supports de diffusion: à la fois une série de photographies (expositions, édition d’un livre, publications), un documentaire de création de 30mn (mêlant photographie et vidéo), et un webdocumentaire (sortie Avril 2015).


Les sensibilités de la photographe et du réalisateur sont similaires: humaines, plus sensorielles qu’informatives, à la fois documentaires et artistiques. Leurs regards se croisent sur un même sujet, un même événement, un même instant ; ils sont particuliers, personnels, différents mais complémentaires, et se confondent.

Emilie Arfeuil

Emilie Arfeuil

Les deux artistes vont plus loin que la simple réalité documentaire, et grâce à la confiance mise en place, créent des mises en scène avec Tut. Dans des jeux de lumière, ils mettent en avant les traces de son passé sur son visage et son corps.


Emilie Arfeuil, la photographe, décrit la cicatrice au sens premier du terme, en tant que marque physique inaltérable. Pour cela, elle utilise la technique du light painting. Il s’agit d’un temps de pose long dans le noir total, où elle peint avec une lampe torche sur le corps afin de choisir la direction de la lumière, dans une sorte de chorégraphie. Cette technique oblige le modèle à rester totalement immobile pendant toute la durée de la prise de vue, et crée une réelle intimité entre le photographe et le modèle. La lumière met en relief les marques du passé sur le corps de Tut en l‘isolant de son environnement et de son présent.

"light painting" / Emilie Arfeuil

"light painting" / Emilie Arfeuil

Alexandre Liebert réalise quant à lui un documentaire silencieux, principalement axé sur le visuel et le sensoriel, où le scénariste est Tût lui-même, de par sa mémoire mais aussi sa vie aujourd’hui. Tut ne parle ni français ni anglais ; Alexandre ne parle pas khmer. Son unique moyen de communication est le langage du corps, élément visuellement intense possédant une réelle puissance dramaturgique. La caméra se positionne à la fois en observatrice de cette réalité où le passé refait surface, mais passe également par de la mise en scène pour mettre en lumière certains aspects de ses souvenirs. Il applique également la technique du « light painting » à la vidéo pour filmer les marques sur le corps, explorer son épiderme dans le noir total à l’aide d’une lampe torche pour dévoiler la marque indélébile de l’Histoire.

extrait du film d'Alexandre Liebert

extrait du film d'Alexandre Liebert

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