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Exposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana Center

Publié par Emilie Arfeuil sur 6 Janvier 2013

Exposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana Center

Hier s'achevait le dernier jour d'exposition de Scars of Cambodia au Centre Bophana. Les 18 tirages sont désormais dans un rouleau, prêts à être glissés dans nos valises pour la France dans une semaine.

Nous sommes ravis d'avoir eu la chance de pouvoir présenter notre projet dans le lieu qui s'attache au devoir de mémoire du Cambodge qu'est le Centre Bophana. Nous ne pouvions trouver un lieu plus symbolique pour ce projet. Ce fut également un plaisir et une première pour moi, de pouvoir exposer seule dans un aussi beau lieu, à la fois spacieux et intime, en étant tout à fait libre du choix de mes images, de leur format, de la scénographie et de la lumière.

J'ai choisis de travailler dans cet espace sur une scénographie en deux temps. La partie autour du patio témoigne de la mémoire enfouie et de la manière dont elle transparait dans les gestes, les attitudes et les regards, la manière dont elle constitue une personne et la marque à vie. La seconde partie de l'exposition décrit la cicatrice au sens premier du terme, en tant que marque physique inaltérable. Tut m'a un jour montré un jeune garçon du village, du même âge que lui lorsqu’il avait été fait prisonnier. J'ai donc décidé de mettre en parallèle leurs deux corps en diptyque, celui encore adolescent et vierge de toute violence face à celui marqué par la torture et le temps. Pour cela, j'ai utilisé la technique du light painting (temps de pose long dans le noir total, où je peins avec une lampe torche). La lumière met en relief les marques du passé sur le corps de Tut en le plaçant hors de son environnement, créant ainsi une métaphore de l‘isolement causé par son traumatisme.

Exposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana CenterExposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana Center
Exposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana CenterExposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana Center
Exposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana CenterExposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana Center
Exposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana CenterExposition au Centre Bophana // Photo Exhibition at the Bophana Center

Il est difficile aujourd'hui de faire un bilan objectif de ces 4 mois de travail intensif et quotidien qui ne nous permettent de prendre aucun recul sur cette expérience. Notre planning peut être résumé ainsi : un mois de tournage/shooting, un mois de montage, editing et postproduction, 15 jours de travail sur la bande son (sound design et musique), 4 interviews pour la presse, 9 projections du film (3 durant le CIFF, 3 durant l'exposition, une à Kep, une à Kampot), et 15 jours d'exposition.

Aujourd'hui nous commencons à préparer le retour, nourris des différentes critiques et retours constructifs recueillis auprès du public tout au long des évènements, d'ores et déjà prêts à remanier et perfectionner le projet pour ses prochaines diffusions.

Beaucoup nous demandent quand et où seront les prochaines projections ou expositions en France ou ailleurs, mais nous ne sommes malheureusement pas encore en mesure de répondre, car ces derniers mois étaient totalement occupés à la finalisation du projet et à sa diffusion cambodgienne. Nous devons d'abord peaufiner tout dans les détails avant de pouvoir présenter le film et les photographies à des festivals de documentaires, court-métrages et photographie, au galeries et espaces culturels, etc. L'exigence française ne nous permettant pas, comme ici au Cambodge, d'avoir pu trouver des lieux de diffusion avant même d'avoir terminé notre travail.

ENGLISH VERSION

Yesterday ended the last day of exhibition of Scars of Cambodia in the Bophana Center. Eighteen photographic prints are now on in a paper roller, ready to be slid in our suitcases for France in a week.

We are delighted to have been lucky enough to present our project in a place so attached to the duty of memory of Cambodia as the Bophana Center. We could not find a more symbolic place for this project. It was also a pleasure and the first time for me, to be able to expose alone in a such a beautiful place, at the same time spacious and intimate, with complete freedom to choose my pictures, their size, the scenography and the light.

I chose to work in this space on a scenography in two phases. The space around the patio testifies about the buried memory, the way it shows through gestures, attitudes and glances, the way it marks someone for life and constitutes a person. On the second space, I describe the scar in the first meaning of the word, as an unalterable physical mark. Tut shown me one day a young boy of the village, the same age he was when he went to prison. I thus decided to photograph in parallel their two bodies, the one still adolescent and blank of any violence in front of the one marked by torture and time. For that, I used the technique called light painting (long exposure shot in total darkness where I paint with a maglight). The light accentuates the marks of the past on Tut’s body by isolating him from his environment, so creating a metaphor of the loneliness caused by his traumatism.

It is difficult today to make an objective balance sheet of these 4 months of intensive and daily work which allow us to take no recoil on this experience). Our schedule can be so summarized: one month of shooting, one month of editing and post-production, 15 working days on the sound track (sound design and music), 4 interviews for the press, 9 screenings of the movie (3 during the CIFF, 3 during the exhibition, one in Kep, one in Kampot), and 15 days of exhibition.

Today we begin to prepare ourselves to come back to France, feeded by various constructive criticisms collected from the audience throughout the events, already ready to reshape and to perfect the project for its next broadcastings.

Many people ask us when and where will be the next screenings or exhibitions in France or somewhere else, but we unfortunately are not yet able to answer, because these last months were totally occupied by the finalization of the project and to its Cambodian distribution. We have to polish up at first everything in details before being able to present the movie and the photos to festivals of documentaries, short films and photography, in galleries and cultural spaces, etc. The French requirement not allowing us, as here in Cambodia, to have been able to find places of distribution before having ended our work.

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google chrome support 17/01/2014 12:07

It is for the first time I hear about Scars of Cambodia and after reading your post, I am eager to watch this exhibition. France will be very long for me. Kindly share the slides in your blog. Regards!